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Géoéconomie du Maroc Contemporain : 5 caractéristiques majeures

Géoéconomie du Maroc Contemporain : 5 caractéristiques majeures

La géo-économie est au centre des choix de la politique étrangère du Maroc étant donné son développement socio-économique ainsi que les défis de son ouverture sur l’international. La dimension économique est très présente dans la politique étrangère du Royaume dont la promotion est faite comme pôle économique régional et acteur central dans les relations Nord-Sud et celles Sud-Sud.

Le Maroc a déployé d’énormes efforts pour se repositionner sur la carte géoéconomique mondiale. Son objectif, à travers les différentes réformes réalisées, est d’accélérer le développement économique, social et politique et de se positionner comme pays d’importance centrale en Méditerranée et en Afrique.

Peut-on dire, alors, qu’il constitue actuellement une puissance géoéconomique ?

Nous pouvons, de prime abord, mettre en avant cinq caractéristiques majeures de la stratégie géoéconomique du Maroc contemporain :

1) Stabilité politique rassurante :

Depuis 1999, date de début du règne du Roi Mohammed VI, une modernisation profonde du pays est en marche malgré les défis du monde moderne et les différentes crises internationales (crise financière et économique, risques terroristes croissants, etc.) et régionales (printemps arabe, conflit du Sahara, etc.).

Connu pour sa stabilité politique, tant enviée, le Maroc a fait face aux différentes menaces qui le mettaient en danger. Il est devenu même un expert, cité sur le plan mondial, dans la lutte contre le terrorisme et auquel de grandes puissances demandent aide et partage d’expériences en la matière. Il est à signaler, également, que la nouvelle constitution de 2011 marque incontestablement une nouvelle ère au Maroc. Elle « représente un tournant historique et déterminant dans le processus de parachèvement de la construction de l’Etat de droit et des institutions démocratiques » comme exprimé dans le discours royal du 17 Juin 2011.

Le facteur central avancé de la stabilité politique au Maroc est la monarchie, grandement appréciée par la population. La popularité de la monarchie au Maroc est expliquée principalement par sa modernité et qu’elle est à la base des développements accomplis. La monarchie est présentée comme l’avantage premier du royaume sur les autres pays de la région au point de parler de l’« exception marocaine ». De même, pour le monde, le Maroc est un pays qui développe et modernise ses institutions en les adaptant continuellement aux différentes évolutions. Par conséquent, il constitue un pays qui inspire confiance.

2) Ancrage culturel diversifié :

Le Maroc, pays maghrébin, méditerranéen, atlantique, arabe, musulman, et africain, dispose d’une diversité de la population : berbère, arabe, musulmane, juive, andalouse et africaine. Il s’agit ici d’une grande preuve de multi-culturalité très riche. Une culture qui baigne, selon la constitution du pays, dans des « valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance, de respect et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde ».

Le Maroc est un pays aux influences variées : l’influence de l’Europe, celle de l’Orient Arabe, de la Méditerranée, de l’Afrique et de l’Atlantique. Un pays où aspects culturels, ethniques et linguistiques viennent se brasser pour enrichir son identité multiple et dynamique. De plus, les mouvements migratoires ont toujours renforcé cette identité diverse.

La culture au Maroc était considérée uniquement, et pendant longtemps, dans une approche patrimoniale. Mais aujourd’hui, dans la nouvelle stratégie du Maroc, la culture est devenue également une activité économique génératrice de croissance. En effet, la culture a une incidence sur toute la société et impacte amplement son développement humain et sa croissance économique. La culture devient, alors, une industrie nationale basée sur la créativité et l’innovation. Ainsi, Le ministère marocain de la culture vise, à travers les deux visions « Maroc culturel 2020 » et « Patrimoine 2020 », à faire de la culture un levier de la croissance économique.

A ce sujet, plusieurs dispositifs sont à mettre en place notamment des salles de spectacle (en plus des chantiers en cours, comme le théâtre de Casablanca, le plus grand en Afrique et dans le monde arabe, et celui de Rabat), des conservatoires, encourager la création d’associations culturelles, former aux métiers de la culture, appliquer fermement la loi des droits d’auteur, etc. Tout cela ne peut qu’aider à créer de l’emploi, encourager davantage le tourisme et hisser le développement économique du pays.

3) Développement économique prometteur :

Pays moyen de par sa population et son PIB, le Maroc a vu son positionnement changer et devenir un hub présentant différents avantages de grands enjeux stratégiques à l’heure actuelle : position géographique avec sa proximité de l’Europe, de la région MENA et de l’Afrique sub-saharienne. Véritable carrefour dans le commerce maritime, le Maroc est riverain de deux nappes maritimes : la Méditerranée et l’Océan Atlantique qui lui accordent des atouts majeurs d’un point de vue commercial et économique mais aussi politique. En effet, les différents accords et partenariats conclus avec le Maroc sont engagés non seulement pour les échanges commerciaux mais sont autant consolidés par sa position géographique à proximité d’autres pays voire d’autres continents.

Le Maroc est une importante porte d’accès pour l’Afrique et l’Europe mais l’est devenue aussi aujourd’hui pour l’Asie, le Moyen Orient et même l’Amérique Latine. De plus, le Maroc est considéré comme un acteur majeur dans la sécurité alimentaire vu sa place sur les marchés internationaux des phosphates, étant le pays qui dispose des premières réserves de phosphates dans le monde. Mais n’étant pas un producteur d’énergie, le pays a mis en place différents projets d’énergies renouvelables, basés notamment sur l’éolien et le solaire, ciblant de porter la part de ces énergies en 2020 à 42% de puissance électrique installée et à 52% à l’horizon 2030.

Force est de constater que les échanges commerciaux et internationaux basés sur une infrastructure portuaire moderne deviennent les moteurs clés du développement économique du Maroc avec ce que cela génère comme emploi et opportunités économiques pour le pays.

Ces dernières années, différents projets ont été réalisés, en l’occurrence le port TangerMed et d’autres projets structurants de grande envergure tels que les différents projets d’autoroutes réalisés et en cours de réalisation, l’immense projet du Train à Grande Vitesse (TGV) Tanger-Casablanca, premier en son genre en Afrique et qui sera opérationnel à partir de 2018. Sans oublier, le complexe solaire de la ville d’Ouarzazate qui se compose de plusieurs centrales devant atteindre une puissance installée de 2 000 MW à l’horizon 2020. Ce dernier projet a pour objectif de réduire la dépendance énergétique du Maroc, laquelle alourdit fortement ses dépenses budgétaires.

Les progrès opérés dans le secteur industriel, qu’il s’agisse de l’automobile, de l’aéronautique, de l’offshoring, des transports, des télécoms, de l’agroalimentaire ou autres, confirment également la nouvelle position du Maroc. Il est devenu aussi une référence dans les énergies renouvelables et ce, non seulement sur le plan régional mais encore mondial. Aussi, tous ces chantiers ouverts, en modernisant les infrastructures, rendent accessible le Maroc aux voies commerciales de la Méditerranée et de l’Atlantique et attirent de plus en plus d’importants investisseurs étrangers comme Renault-Nissan, Peugeot, Airbus, Safran, Bombardier, Thales, Nexans, etc.

Certes, le Maroc est une puissance régionale mais aussi un allié privilégié de différents pays des autres régions. Un de ses objectifs stratégiques est de diversifier les régions des alliances (Afrique et Asie) tout en préservant celles classiques (Europe et Moyen-Orient) qui constituent des partenariats économiques, politiques et diplomatiques. En effet, une forte ouverture est engagée envers les pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, etc.

Un autre point qui confirme le nouveau positionnement du Maroc concerne les stratégies d’internationalisation des grandes entreprises marocaines et l’installation, sur son territoire, de nombreuses entreprises étrangères (européennes, américaines, asiatiques, etc.) qui expriment le souhait de profiter d’une croissance prometteuse de la région. Ces investissements témoignent fortement de l’attractivité et du rayonnement international du Maroc et cela lui fait gagner jour après jour des places dans les divers classements économiques et des affaires.

Incontestablement, le Maroc jouit d’un bon positionnement et a réalisé de bonnes avancées sur les différents plans économique, social et diplomatique et est considéré comme un des exemples les plus édifiants des pays émergents – ou pré-émergents comme préfèrent certains-. Mais d’énormes efforts sont à déployer sur différents aspects notamment une croissance plus soutenue, une compétitivité économique meilleure (diversification et sophistication des exportations marocaines), une solide assise financière,  un environnement des affaires amélioré, une action sur la rigidité du marché de travail, la lutte contre le chômage notamment des jeunes, la lutte contre la corruption, l’amélioration de l’éducation et de la formation, etc.

4) « Stratégie orientée Afrique » visionnaire :

Après plusieurs années de stratégies orientées vers l’Europe comme premier partenaire économique et diplomatique. Le Maroc a commencé durant la dernière décennie à développer une diplomatie économique et politique en Afrique, qualifiée d’offensive, afin de renforcer davantage sa position de porte d’accès à l’Afrique notamment de l’Ouest et Subsaharienne.

L’Afrique est une priorité de la diplomatie du Maroc contemporain. En effet, l’ambition est bien claire : être parmi les pionniers des prochaines trente glorieuses de l’Afrique, prévues pour 2020-2050. A cet effet, différentes coopérations ont été réalisées avec des pays africains toujours dans une stratégie du royaume de collaborations Sud-Sud plus importantes et plus concrètes.

Le Maroc devient, ainsi, un acteur majeur en Afrique (2ème investisseur africain) voire même un leader en termes d’orientations stratégiques en Afrique, et consolide, donc, son rôle d’axe incontournable entre l’Europe et l’Afrique.

Du côté des engagements économiques, les entreprises marocaines sont présentes dans plus de 25 pays du continent et leurs investissements sont multisectoriels (Finance, Industrie, Transport, Energie, Santé, Eau, Education, Logement social, etc.).

Aspects commerciaux et économiques assurés, le Maroc, à travers Casablanca Finance City, confirme son positionnement également de porte d’entrée financière vers l’Afrique. Grâce aussi aux différentes activités menées par Royal Air Maroc, le pays ambitionne d’être un incontournable carrefour continental.

Ainsi, par ces actions, le Maroc a eu différentes qualifications : « champion de la Finance » pour le secteur bancaire, « pionnier » dans le secteur des télécoms et aussi « Garant de la sécurité alimentaire » pour ce qui est des activités de l’OCP. Néanmoins, pour garder cette stratégie géoéconomique au cap, une meilleure diversification des domaines d’intervention en Afrique s’avère indispensable.

Les nouveaux engagements du Maroc en Afrique couvrent des aspects économique, politique et sécuritaire. Les relations historiques avec certains pays africains facilitent vigoureusement ces engagements. Mais il est également à souligner que ce ne sont pas uniquement des alliances politiques, d’échanges commerciaux ou de simples investissements d’ordre économique qui sont entretenus mais aussi des échanges culturels, cultuels, spirituels, sociaux et sociétaux. A titre d’exemple, 500 Imams du Mali ont participé à la formation des Imams assurée à Rabat par le premier centre de formation en Afrique ayant pour mission de former des imams du monde entier à l’Islam modéré. L’objectif étant de participer dans la lutte contre toutes les formes d’extrémisme et d’obscurantisme.

La relation avec différents pays africains est bien entretenue. Mais, il est à noter que celle avec les autres pays de la zone notamment de l’Afrique de l’Est devrait être ciblée, non seulement pour avoir une action globale sur le continent, mais aussi pour le fort potentiel que ces pays présentent. Pour ce faire, des mesures particulières doivent être prises selon les cas des pays tout en maintenant l’esprit global de la coopération Sud-Sud que le Maroc a dessiné. Aussi, une étude et une adaptation aux spécificités des marchés africains s’avèrent nécessaires vu la concurrence qui s’installe de plus en plus sur ce continent prometteur.

Il est évident qu’à première vue, cette stratégie définie de la politique étrangère du Maroc semble axée particulièrement sur l’Afrique mais n’est-ce pas le seul bon moyen aujourd’hui de s’imposer sur l’échiquier international ? Le Maroc, porte de l’Afrique pour les occidentaux, porte de l’Europe pour les africains, a compris, bien avant plusieurs, que l’Afrique est la porte de l’émergence internationale du présent et du futur.

5) Puissance géopolitique avertie :

Dans le monde d’aujourd’hui, les intérêts des pays passent par des alliances stratégiques couvrant les différents aspects aussi bien économiques que politiques qui ne sont plus à dissocier.

Ainsi, les aspects géopolitiques ont beaucoup conditionné les choix stratégiques du Maroc. Celui-ci a un rôle central dans la sécurité au sud de la méditerranée et dans sa région en général grâce à sa stabilité et son expertise en matière de sécurité mais aussi au grand rôle de pivot qu’il joue entre l’Europe et l’Afrique.

Sur le plan diplomatique, la première question liée au Maroc est celle du Sahara et les conflits tous azimuts avec l’Algérie qui ont pour risque la déstabilisation de la région et la création de problèmes géopolitiques qui vont à l’encontre d’une intégration maghrébine dans le cadre de l’UMA.

A ce sujet, la communauté internationale agit jour après jour et la puissance régionale du Maroc fait que différents pays, dont récemment la Suède, qui avaient anticipé initialement des démarches contre la proposition du Maroc au sujet du plan d’autonomie, reviennent sur leurs décisions. En effet, le nombre des Etats ayant reconnu la structure de l’Etat imaginaire du « Polisario » diminue de plus en plus. Là encore impossible de disjoindre politique, diplomatie et affaires.

Il est à noter que certains qualifient même la stratégie offensive du Maroc en Afrique de diplomatie économique ayant pour objectif d’éliminer les ennemis politiques en structurant et institutionnalisant des alliances économiques pérennes.

Un des objectifs du Maroc est aussi d’institutionnaliser les relations avec les différents pays à travers la signature des différents accords de partenariats, avec l’Europe, les Etats Unis, des pays du monde arabe ainsi que plusieurs pays africains. La présence en continu dans les débats internationaux permet, aussi, de soutenir la position du Maroc en tant que porte d’accès de différents continents.

Il est clair que le monde actuel et futur est en mutation profonde, plus clair encore, les anciennes puissances (économiques, politiques et diplomatiques) ne le sont plus et de nouvelles puissances émergent et s’affirment. La coopération Sud-Sud, dans laquelle s’inscrit fortement le Maroc, ne peut donc que renforcer son rôle important dans la région et sur la scène économique internationale. Ce qui permet de consolider son développement économique et social et obtenir l’appui d’un maximum de pays sur la question du Sahara.

Pour ce, la consolidation de la présence du Maroc à l’étranger est d’un grand intérêt à savoir la création de bureaux de représentation et d’ambassades dans plusieurs autres pays. Autre point crucial : le renforcement et la diversification des campagnes de promotion du Maroc et de ses grandes opportunités d’investissement, d’échanges, de tourisme, etc. qui lui permettront d’occuper pleinement sa place confirmée de nouvelle puissance géoéconomique et géopolitique.

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