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L’initiative ‘One belt, One road’ : Une hégémonie commerciale ou diplomatique de la Chine ?

Rédigé par Imane EL GHAZALI | Apr 13, 2014 2:54:00 PM

Nul ne peut nier que la Chine est imbattable dans les constructions des plus grands projets de ponts, de grandes routes ferroviaires, d’aéroports, de gratte-ciels, etc. Ainsi, elle compte mettre en œuvre toute son expertise pour développer et renforcer ses relations avec les autres pays en Asie Centrale, Europe voire même les plus lointains notamment en Afrique.

C’est ainsi que le président chinois, Xi Jinping, a lancé officiellement en 2013, lors d’une visite au Kazakhstan, un projet pour faire revivre la route de la soie entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, appelé « one Belt, one Road initiative » connu aussi sous le nom de « The New Silk Road » et qui a pour objectif de construire des relations économiques mais aussi culturelles avec les pays de ces régions. C’est aujourd’hui, une priorité du gouvernement chinois.

La Chine va construire des milliers de routes, de chemins de fer, de gares, de ports et de ponts tout au long de l’Asie et du Moyen Orient. Un budget de 40 milliards de dollars d’investissements a été déjà débloqué dans ce sens. Et en Mars 2015, le premier ministre a annoncé la création d’un fonds d’investissement privé appelé « the Silk Road Company Ltd. » qui portera le projet.

Il est clair qu’à travers cette initiative, la Chine compte orienter sa géopolitique vers l’Asie Centrale et l’Europe, une stratégie ayant pour objectif de détourner l’Est et la côte pacifique et de réagir contre l’influence russe d’une part et celle américaine de l’autre sur la région.

S’agit-il d’un rêve chinois ou d’une réalité économique tellement évidente qui a pour but d’influencer les politiques dans le monde ?

Il est à noter que l’histoire de la route de la soie revient à la décision d’un empereur chinois de la dynastie des Han qui envoyait son émissaire en Europe et par la suite cet itinéraire a été emprunté par les marchands orientaux avec leurs caravanes d’épices, de pierres précieuses, de tissus et spécialement de la soie.

Cette route, s’étalant sur 6500 kilomètres, traversait l’Est de la Chine pour passer par l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie et enfin rejoindre la méditerranée.

Plusieurs routes de la soie existent mais la Chine a choisi de faire revivre deux routes, une terrestre et une maritime.

La première est appelée « The Silk Road Economic Belt » et commencera de Xinjiang pour rejoindre le Kazakhstan, l’Asie centrale, l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie et ainsi atteindre l’Europe et puis continuer à travers la Bulgarie, la Roumanie, la République tchèque, les pays bas et l’Allemagne… Des objectifs géopolitiques sont bel et bien présents. Il s’agit de réintégrer l’Afghanistan et le Pakistan, l’Irak et même l’Iran dans l’économie mondiale en construisant, entre autres, ces immenses infrastructures et donc réussir sur le plan économique avec ces pays où les Etats-Unis ont failli sur le plan militaire.

La deuxième route, appelée « 21st Century Maritime Silk Road » partirait, quant à elle, des grands ports de Guangzhou et Canton et passerait par la Thaïlande, le Viêt-Nam, la Malaisie, le Singapour pour longer l’Indonésie et rejoindre via l’océan indien, le Sri Lanka et puis la mer rouge, le Golfe et puis le canal de Suez et la Méditerranée. Un autre trajet fera un détour par l’Afrique, notamment un passage principal par le Kenya. Si l’objectif annoncé de cette seconde route est de sécuriser les transports maritimes, l’objectif géopolitique qui reste très évident est que c’est aussi une route qui détournera complétement l’Inde.

Il est aussi prévu que ces deux routes, terrestre et maritime, se rejoignent à Venise. Un « mythe» probablement délibéré pour l’histoire du projet.

Avec toutes ces routes, ces pays partenaires/clients/fournisseurs, la Chine prévoit sans doute d’imposer sa monnaie  « le yuan », comme monnaie de référence du moins pour les pays de la route de la soie et contrecarrer ainsi la dépendance et l’influence du dollar américain.

Il est, sans doute, probable que si cette stratégie réussit, elle permettrait à la Chine d’utiliser toutes ses capacités et compétences pour jouer le rôle de leader en tant que puissance mondiale.